Pétrole : En pleine crise du coronavirus, l’Opep tente d’arrêter la chute des prix

Walaa Al-Assrah Mercredi 04 Mars 2020-13:53:45 Actualités Internationales
Le ministre russe de l’Energie Alexandre Novak (G) lors d’une réunion de l’Opep à Vienne le 7 décembre 2018
Le ministre russe de l’Energie Alexandre Novak (G) lors d’une réunion de l’Opep à Vienne le 7 décembre 2018

Les membres de l’Opep et leurs partenaires vont tenter jeudi et vendredi à Vienne d’enrayer le plongeon des cours de l’or noir face à l’épidémie de nouveau coronavirus qui plombe la demande mondiale de brut.

 

Selon l’AFP, les ministres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) emmenés par l’Arabie saoudite et leurs dix alliés de l’Opep+, dont la Russie, se sont quittés début décembre en actant une baisse de leur production de 500.000 barils par jour, à laquelle vient s’ajouter une contribution “volontaire” de 400.000 barils de Ryad. Cela s’additionne aux 1,2 million décidés fin 2016 et reconduits depuis. Ces efforts ont brièvement fait rebondir le cours du brut, avant que l’épidémie de coronavirus ne le refasse piquer du nez. Les deux cours de référence, le Brent pour l’Europe et le WTI pour les Etats-Unis, ont ainsi perdu autour de 30% depuis un pic début janvier: ils sont tombés brièvement dans la nuit de dimanche à lundi au plus bas depuis plus d’un an, respectivement sous 50 et 45 dollars le baril.

Réuni en session “extraordinaire” dès le début du mois de février, le comité technique conjoint (JTC) de l’Opep+ avait recommandé une coupe supplémentaire de la production de 600.000 barils par jour afin de contrer “l’épidémie de coronavirus en Chine et son incidence potentielle sur le marché” pétrolier, selon un tweet de l’organisation. Mais pour Craig Erlam, analyste chez Oanda, “ce ne sera pas suffisant”. La Chine, très gourmande en or noir, est toujours enlisée dans une vaste crise sanitaire, et le virus se propage désormais hors de ses frontières. Jeudi, le Financial Times rapportait que l’Arabie saoudite souhaitait porter l’effort commun supplémentaire à 1 million de barils par jour.

La réussite du sommet, qualifié d’”extraordinaire” puisque se tenant seulement trois mois après le précédent (contre le double habituellement) repose sur l’entente entre le poids lourd du cartel, l’Arabie saoudite, et son principal allié via l’accord Opep+, la Russie, dont les responsables soufflent le chaud et le froid.

Jeudi, le ministre de l’Energie Alexandre Novak a déclaré aux agences de presse russes sa volonté de “coopérer davantage (...) dans le cadre des relations multilatérales de l’Opep+”.

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